

L'orvet/Contours
« …Vecture ou la levure du vécu…
Invecture.
Au-delà de la dictature du verbe.
Charlotte Escamez nous fait part d’enfermement à multiples verrous et vues démultipliées. Et comme l’Enfer ment fermement, lent ferment de l’enfermement, Charlotte nous détaille ici en poésie au libre cours ces impossibles fuites de l’instant inquiété par le huis clos. Enfermée chez soi ou chez les autres quand ce n’est pas tout bonnement par eux encore, en tant qu’humain par nature ramenée à sa propre claustration et à cette intranquillité fondamentale. Jusqu’à faire surgir de cet or vrai qui, dès lors vêt le langage, au souvenir d’un Orvet hantant la basse mémoire de son sacrifice réitéré, ritualisé à l’envi en devoir de dégoût avec l’irrespirable poursuite de ses tronçons à jamais vivaces, cicatrices à jamais sans suture si ce n’est celle du poème.
Ainsi va la poésie et celle de Charlotte aussi, obsédante et curative de ces moments traumatiques ou splendides qui poursuivent leurs mouvements rampants et syncopés en nos tréfonds bien après qu’on ait pensé en avoir annihilé toute mémoire convulsée. »
Extrait de la préface de Denis Lavant

« La poésie de Charlotte Escamez a une évidence photographique et sensuelle. Elle est rythme et images, elle capture la versatilité, le passage, la fugacité de la beauté moderne lors d’expériences collectives, comme la création, comme la danse. Elle est aussi capable de nous livrer en toute transparence des instants intimes. Fragments de vie effervescente et authenticité complète, capture de moments équivoques et éphémères. Avec A j’ai découvert ce que M veut dire tu m’as cueillie. Avec ton A je me suis Adoucie, tu m’as amadouée. (…) 15 septembre suivre le soleil Comme un monologue qui ouvre sur différentes cavernes de sa mémoire, où s’entremêlent les époques, les allées et venues de fantômes bienveillants, les êtres chers, les appels du désir et les cires trompeuses de ses rêves. Sa poésie est chair, et corps, on devine les visages qu’elle croise, on entend leurs mots mais comme rendus plus légers et plus doux dans les filets de ses allitérations et assonances, dans sa vivacité musicale. Il y a chez elle, le sens de la formule, du mot juste et concis qui concentre tout un faisceau de significations, des mots qui laissent derrières des traînées scintillantes, des mots qui apaisent et consolent, qui tissent du lien, mais qui disent la crudité, la violence des situations absurdes et vaines auxquelles elle se heurte et se confronte par urgence morale et sociale. ce dont on se souvient c’est qu’on n’est pas près d’en sortir du dedans, les visages se bouleversent de dureté d’impossibles tabous inavoués. »
Extrait de la note de lecture de Marjolaine Hubert, Revue Europe



L’aventure de ce livre est née d’une volonté de travailler ensemble entre peinture et écriture, deux univers parallèles qui se sont nourris l’un l’autre à l’occasion d’une résidence aux Douettes en Touraine.